
Descendante d'une longue lignée de femmes courageuses qui ont énormément porté, en silence. J'ai, moi aussi, beaucoup souri, en tenant le coup…
alors qu’à l’intérieur, tout hurlait et menaçait de s'écrouler. Je ne m'entendais pas. Je ne me voyais pas.
Je ne savais pas qui j'étais.

"Ils ont des yeux avec lesquels ils ne voient pas, ils ont des oreilles avec lesquelles ils n’entendent pas."
Sourate Al-A'raf (7:179)
Aînée d’une fratrie de trois filles, je suis née en France, bercée par deux réalités.
Celle de mes parents, venus des montagnes de l’Atlas marocain,
et celle, où j'ai grandi : les beaux quartiers parisiens.
Deux mondes très différents.
Ma mère était gardienne d’immeuble.
Mon père, peintre en bâtiment.
Et moi, j'étais là,
tiraillée, je cherchais ma place entre deux identités.
Je fais partie de celles qui, dès l’enfance, ont cru qu'elles devaient prouver qu’elles méritaient d’exister.
J’ai appris à faire le pont.
Entre deux cultures. Deux classes sociales. Deux visions du monde.
Entre les discours qui glorifiaient le mérite...
et une réalité où l’aisance semblait simplement héritée.
Intérieurement, je bouillonnais.
Contre cette fausse promesse d’égalité.
Contre cette impression qu’il fallait oublier mes origines pour être parfaite et avoir le droit à la facilité.
J’ai porté.
Les attentes, les espoirs, les peurs.
Et, sans le savoir… une colère muette.
Et la terreur de trahir ceux qui s'étaient sacrifiés pour moi.
Très tôt, j’ai compris qu’il fallait être irréprochable.
Montrer que j’étais sage, brillante, méritante.
On me disait :
« Tu as de la chance d’être là, ne la gâche pas. »
Alors j’ai appris à me taire et à faire.
J’ai excellé dans l'art de me camoufler pour ne pas déranger.
Mais en moi, un feu sourd ne cessait de gronder.

Aux yeux de tous, j’étais la gentille fille sérieuse et courageuse. En moi, j'étais pétrifiée, en quête d'un refuge, où me reposer. Je l’ai trouvé dans les dou‘as, dans la prière, dans la certitude qu’Allah était là.
Avec moi.

Par Sa grâce, Allah m’a donné des parents qui avaient soif de savoirs.
Ils m’emmenaient à des conférences comme celles du Bourget.
Des rassemblements chers à toute une génération.
On y venait pour se reconnecter à Allah, nourrir sa foi, repartir apaisé, en sécurité.
Ils m’ont aussi inscrite dans plusieurs écoles arabes.
Corps et âme, j'ai plongé dans cet océan de connaissances :
les histoires des prophètes, la sira, la grammaire, le hadith, le fiqh, le tajwid…
Des années à apprendre, qu’Allah les récompense pour tout ce qu'ils m'ont permis de recevoir.
Je buvais chaque mot comme une lumière. Un espoir.
Mais au fond de moi...
je croyais, toujours, devoir mériter l’amour d’Allah.
Porter plus. Donner plus. M’effacer davantage.
Pour, peut-être, un jour, connaître la paix, la tranquillité et la sérénité.
Les seules choses auxquelles j'aspirais.
Quand je suis devenue mère, j’ai voulu donner ce qui m'avait manqué pour y goûter.
Du temps. De la liberté. De la dignité.
Alors je les ai instruits en famille.
Et c’est là, sans le savoir, que j’ai commencé à me réparer.
En les accompagnant pas à pas, j’ai redécouvert la beauté de l’humain.
À travers eux, j’ai vu à quel point chaque être est naturellement digne, capable, lumineux.
J’ai compris combien les injonctions sociales peuvent étouffer cette lumière.
Inspirée par Maria Montessori, Alexander Neill et d'autres, j’ai appris à faire confiance.
À accueillir les émotions.
À respecter les rythmes.
À ne pas façonner… mais à valoriser.
En donnant ce respect, je me suis, peu à peu, autorisée à en recevoir.
Moi aussi, j’avais le droit d’exister.
Le droit de me découvrir.
Le droit d’être accueillie, telle que je suis.
J’ai donné sans compter.
Je me suis épuisée.
Mais au fond, cette aventure a ouvert une porte :
celle du respect de moi.
Même en ayant trouvé ce chemin du respect,
je continuais à tout porter.
Je voulais bien agir. Toujours plus.
Sans le réaliser, je m’oubliais encore.
Je pensais manquer d’organisation, de rigueur, de patience, de foi.
La culpabilité me submergeait, je n'étais jamais assez.
En quête permanente d'excellence,
j’étais incapable de m'arrêter pour m'écouter, pour de vrai.
Parce que m'écouter, c’était me regarder en face.
Et ça, je ne pouvais pas. Je ne voulais pas.
Je me croyais dangereuse.
La peur de mal faire me terrorisait.
Alors je me donnais pleinement,
et continuais à m'ignorer.
Je ne savais pas encore
que ce qui me terrifiait vraiment, intérieurement,
c’était cette colère silencieuse,
enfouie depuis bien trop longtemps.

C’était un printemps. En 2015.
Mon corps a dit stop.
Comme une barque trouée, j'ai coulé.
Impossible de continuer.
Les masques sont tombés.
Je me suis effondrée.
J'ai pleuré. Beaucoup.
Et même là, je pensais encore que tout était de ma faute.
Alors j’ai prié.
Supplié Celui Qui m'a créée de me montrer le chemin de la paix.
Un nouveau souffle. Une renaissance.
J’ai été accueillie dans un espace où je n’avais plus besoin d’être forte.
Un lieu pour déposer. En douceur. En confiance.
Et pour la première fois... j’ai vu.
Que je portais bien plus que ma part.
Vu que ce que je prenais pour de la force… était une peur déguisée.
J'ai compris que dire non à certaines de mes croyances,
c’était dire oui à Allah.
La ilaha illa Llah.
لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ
La chahada commence bien par un non, pour dire un vrai oui.
Mode
"Fitra Connect"
enclenché
La colère est sortie de l'ombre.
Pas pour tout détruire.
Pour me montrer, clairement, ce que je ne voulais plus.
Elle m’a ouverte à plus de justesse.
À davantage de sérénité.
Et surtout :
Elle m’a donné le courage de revenir à Allah même si ça voulait dire lâcher tout ce que je croyais indispensable pour vivre en paix.
J’ai compris que décider de ne plus tout porter,
ce n'était pas fuir.
C’était un acte de foi.
C'était revenir à Celui Qui sait.
Pas un lâcher-prise à la mode.
Mais un abandon intérieur.
Un saut dans l’invisible.
Faire confiance à Celui Qui m'a créée,
même quand tout en moi criait :
« Si tu lâches, tu vas t’écrouler. »
Et ce saut, je l’ai fait parce que…
Une certitude m’a, dès lors, habitée :
Je ne suis pas là pour tout porter, mais pour porter UNIQUEMENT la lumière qu'Il m'a confiée.
Je suis Sa khalifa.
Je n'ai pas le droit de trahir ça.
Résultat ?
Tout s’est rééquilibré.
À l’extérieur, rien n’a changé.
Mais à l'intérieur, tout s’est apaisé.
Je ne me perçois plus comme une usurpatrice.
Mais comme une khalifa d’Allah précieuse et responsable de ma amana.
Je n’ai plus rien à prouver.
Puisque c'est Dieu qui m'a créée,
Je suis forcément née pour rayonner.
Avec facilité.

J’ai cessé de compenser.
J’ai cessé de m’épuiser.
Autour de moi, chacun a repris ses responsabilités.
En portant uniquement ma part,
j’ai permis à l’équilibre de revenir.
J’ai repris les études que j'avais arrêtées.
Je ne fais pas moins. Je fais mieux.
Je prends soin de ce qu’Allah m’a confié.
En me laissant porter par Lui.
Comme une plante dans la bonne terre :
je pousse.
Sans lutter.
Diplômée en sophro-analyse et en sophrologie intégrative, j’ai nourri mon parcours avec des ateliers sur les émotions, la communication non violente ainsi que de nombreuses formations … et surtout, la vie.
Les personnes que j’ai accompagnées, les épreuves que j’ai traversées, et les réponses qu’Allah a mises sur mon chemin m’ont profondément appris et transformée.
Après 5 ans d’accompagnements individuels,
je choisis d’ouvrir de nouveaux espaces de transformations profondes.
Des retraites, des cercles de paroles, des ateliers et des conférences interactives.
Pensés pour les femmes comme moi :
Celles qui portent trop.
Qui culpabilisent de craquer.
Et qui, au fond, n’aspirent qu’à se libérer
et rayonner sans être jugées.
Pour cela, j'ai créé Le Refuge.
Bien plus qu'un programme.
Il est un lieu pour déposer les masques.
Un lieu pour pleurer sans honte,
écouter ce que la colère murmure,
et, doucement, revenir à sa Fitra.
Pas à pas.
En confiance.
Ce que tu ressens est normal.
Tu n’es pas faible.
C'est ta fitra qui te rappelle pourquoi tu es là.
Il est temps pour toi de rayonner.
Tu n’as plus à tout porter.
Tu n'as plus rien à prouver.
Tu as juste à EXISTER.
Là ou la Rage devient Courage,
et la Colère révèle ta Lumière…
pour que tu cesses de porter ce qui ne t’appartient pas,
et que tu reviennes à ta Fitra sans avoir peur de blesser, ni culpabiliser.
﴿ إِنَّ مَعَ الْعُسْرِ يُسْرًا ﴾
Avec la difficulté vient, certes, la facilité. (94:6)
﴿ لَا يُكَلِّفُ اللَّهُ نَفْسًا إِلَّا وُسْعَهَا ﴾
Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à ce qu’elle peut porter. Sourate 2:286
Prête à te REposer pour kiffer ta vie d'ici-bas tout en préparant ton au-delà ?
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